Cancer du Côlon

Les cancers du côlon sont parmi les plus fréquents puisqu’ils touchent environ 30.000 personnes par an en France.


FACTEURS DE RISQUE ET DEPISTAGE

A l’intérieur du côlon peuvent se développer des excroissances appelées polypes ou adénomes qui peuvent évoluer lentement et se transformer en cancer.

Un polype simple peut se retirer en endoscopie (en coloscopie, par les voies naturelles). Un polype en voie de transformation en cancer et a fortiori un cancer établi doit le plus souvent être enlevé chirurgicalement.

Certaines maladies rares augmentent le risque de polype et de cancer colique : les maladies inflammatoires chroniques intestinales (Crohn, rectocolite), les formes familiales de cancer colique (syndrome de Lynch) et  la Polypose adénomateuse familiale. Le fait d’avoir dans sa famille des personnes qui ont eu des polypes et a fortiori des cancers du côlon augmente le risque de développer soi-même ce type de maladie, surtout s’ils sont survenus à un âge jeune (<50 ans).

Polypes et cancers coliques entraînent souvent l’émission de sang dans les selles (même occulte). Le dépistage repose sur la détection de ce sang dans les selles par un test appelé « hemoccult ». Ce dépistage est proposé de 50 à 75 ans.

En cas de test positif, ou de symptômes évocateurs de pathologie colique (saignement dans les selles observés par le patient, trouble récent du transit intestinal, douleur abdominale), il est nécessaire de réaliser une coloscopie. C’est un examen qui nécessite une purge du colon et une anesthésie générale. C’est un examen qui permet de détecter un cancer et d’en obtenir la preuve (par des biopsies). De plus, si un ou plusieurs polypes sont détectés, ils peuvent être retirer dans le même temps.

Si vous avez un cancer du côlon, il est important que vous ayez un suivi régulier par coloscopie, toute votre vie, même si votre cancer est guéri.

Par ailleurs, il est important que vos enfants et vos frères et sœurs aient une coloscopie de dépistage.

La coloscopie dépiste les cancers, mais surtout peut enlever des polypes avant qu’ils ne se transforment en cancer.


EVOLUTION SPONTANEE

Sans traitement, le polype colique bénin se transforme en cancer. Le cancer colique se développe à une vitesse variable, il va grossir et s’étendre en profondeur.

Il est d’abord localisé, puis il va pouvoir se propager.  La première étape est l’envahissement des ganglions autour du côlon. Puis, ces cellules peuvent aller dans la circulation sanguine et s’étendre à d’autres organes : on parle alors de métastases (principalement aux poumons et au foie).


PRINCIPES DU TRAITEMENT

Le traitement dépend du stade de la maladie.

-       s’il s’agit d’un simple polype, il peut être retiré par coloscopie

-       s’il s’agit d’un cancer localisé au côlon sans métastase, le cancer peut être guéri par une intervention chirurgicale (colectomie). L’opération permet d’enlever le segment de côlon atteint par le cancer, puis de rétablir la continuité digestive (pas de stomie ou anus artificiel définitif). Dans le même temps, les ganglions autour du côlon sont retirés pour être analysés. Si l’analyse retrouve des cellules cancéreuses dans ces ganglions, une chimiothérapie complémentaire est proposée, pour diminuer le risque de récidive du cancer (habituellement 12 perfusions intraveineuses pendant une durée de 6 mois, soit une perfusion/15 jours)

-       S’il s’agit d’un cancer avec des métastases, le traitement débute habituellement par une chimiothérapie, qui permet de traiter en même temps tous les sites où se trouvent des cellules cancéreuses. Après cette chimiothérapie, le cancer peut être accessible à la chirurgie, qui peut enlever le cancer colique et d’éventuelles métastases hépatiques en 1 ou plusieurs opérations. Les métastases pulmonaires peuvent aussi être opérées. Même avec des métastases, le cancer peut être traité  et guéri.


SUIVI APRES TRAITEMENT

Après l’intervention chirurgicale qui a enlevé la tumeur, il est néanmoins nécessaire d’instituer une surveillance régulière qui a deux objectifs :

-       le dépistage précoce d’une récidive tumorale

-       le dépistage de nouveaux polypes bénins sur le côlon restant

Pour ce faire, il est habituelle de revoir les patients tous les 3 mois pendants 2 ans puis tous les 6 mois pendants trois ans avec un scanner et une prise de sang. Enfin, une coloscopie est faite 1 an après l’intervention puis si elle est normale, tous les trois à cinq ans.

La surveillance dure donc en général 5 ans, après ce délai on peut raisonnablement parler de guérison. Cette surveillance est utile puisqu’ une récidive détectée tôt est le plus souvent accessible à un traitement efficace (chimiothérapie +/- chirurgie).